Cesana Torinese: appunti di storia

Da Montgenèvre a Bousson

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ll presente articolo  è stato pubblicato nella rivista:

 Valados Usitanos, n° 50, gennaio - aprile 1995, p.33-41

La  riproduzione è autorizzata dall' autore, Gianpaolo Giordana, direttore della rivista. La traduzione delle testimonianze di Emilienne Caunois, Luce Gibello e Jeanne Pavesi è a cura  degli autori del sito.

 

 

DA MONTGENEVRE A BOUSSON

(agosto 1944 - aprile 1945)


PREMESSA

l grandi eventi bellici di questo secolo hanno coinvolto globahnente centinaia di milioni di persone; hanno messo in campo enormi eserciti che si sono affrontati in battaglia con strumenti di morte sempre pù sofisticati e micidiali; hanno seminato morti e distruzioni in proporzioni tali da dover ricorrere ai grandi numeri, quelli con tanti zeri, per ricordare e quantificare. l "grandi eventi", tuttavia, sono intessuti di miriadi di eventi minori, di piccole storie, di frammenti di guerra, di vita e di dolore che per lo più non approdano alla "storia" e alla "memoria collettiva" in senso lato. Perché cio' succeda, il piccolo evento deve tragicamente assurgere a esempio, a vicenda emblematica della brutalità, tragicità, stupidità d'ogni guerra di conquista.
E non sempre basta.

Se alcuni casi, Boves, Oradour-sur-Glane, Lidice (micro episodi del più recente conflitto mondiale), le tante My Lay della guerra dei Viet Nam ecc., sono oggi noti grazie (si fa per dire) alloro carattere esemplare, migliaia, centinaia di migliaia di analoghi episodi scompaiono nelle pieghe profonde e complicate della Storia. Cosi sarebbe successo a questa "storia minima" se cinquant'anni dopo i superstiti non l'avessero ricordata compiendo un viaggio a ritroso e pubblicando un opuscolo commemorativo.

Protagoniste sono due piccole comunità occitane di confine ("francese" una, "italiana" l'aItra) nelle vesti rispettivamente di vittima e di "buon samaritano":
Montgenèvre e Bousson, tra l'agosto 1944 e l'aprile del 1945. Dei "montgenévrois" conosciamo i nomi di quasi tutti i protagonisti; degli abitanti di Bousson (e dintorni) due soli nomi di famiglia (Eydalin di Bousson e Blanchet di Cesana), un solo nome proprio (Léonie) ma soprattutto la misura d'una generosa ospitalità, tante più rara in tempi in cui l'egoismo pare non conoscere confini.


L'ESILIO DEI MONGINEVRINI

Più correttamente occorrerebbe parlare di seconda esilio: come in tutti i villaggi di confine sugli opposti versanti delle nostre Alpi, il giugno 1940 aveva già regalato un'esperienza analoga. Per quanto se ne sa quasi tutti i comuni di confine del versante italiano vennero evacuati con scarso preavviso: le popolazioni poterono a malapena dotarsi dell'indispensabile, dovettero quasi ovunque svendere il bestiame e partire lasciando le messi non ancora mature. Altrettanto avvenne sull'opposto versante: da Névache, Val des Prés, Cervières, Ristolas, Saint Véran e da Montgenèvre (unico abitato con Claviere ad essere ubicato praticamente sul confine) lunghe file di civili sgomberarono ancor più in fretta le loro case per raggiungere l'Ardèche. Anche per loro abitazioni, coltivi e bestiame abbandonati. Molte persone -grazie allo strano andamento di quei primi giorni di guerra- finirono per arrestarsi ai piedi dei Monginevro, nei villaggi di Les Alberts e La Vachette:

Testimonianza di Camille Remy, all'epoca militare a Montgenèvre

(Leggere la traduzione)

"... Un soir, c'était le 10 juin, à la nuit tombante, un bruit confus montait de la Vallée de la C/arée. Nous distinguions à la jumelle des troupeaux suivis d'une grande quantité de gens et de charrettes munis de lumières qui se dirigeaient sur Briançon. Nous étions intrigués par ce remue-ménage et nous ne comprenions pas. Quelques instants plus tard, l'explication nous en fut donnée par l'arrivée d'une estafette qui venait nous prévenir qu'à minuit la guerre devenait effective entre l'Italie et la France. Les consignes de guerre devaient donc être appliquées.
Nous comprÎmes alors que ce bruit confus et ces lumières provenaient de l'exode des populations de Névache et de Plampinet qui partaient rejoindre avec tous les autres habitants de Montgenèvre et de la Haute Vallée, les lieux de refuge qui leur avaient été attnbués en Ardèche... "

 


Al loro ritorno, la desolazione delle abitazioni saccheggiate dalle truppe d'occupazione e dai "soliti ignoti"; cio' successe, d'altronde, anche sul nostro versante dove, malgrado non si trattasse di occupazione ma solo di evacuazione cautelativa, le case che dovevano essere piantonate da militari del Regio Esercito si offrirono agli occhi dei proprietari di ritorno in condizioni di analoga desolazione.

Ma veniamo decisamente alla vicenda dei "montgenévrois":
l' occupazione italiana, che a detta dei testimoni non fu neppur troppo pesante, durà fino ail' 8 settembre dei '43. Da quella "radiosa giornata", autentica e duratura vergogna per il regime monarco-fascista e per i vertici delle regie forze armate, subentrà l'occupante nazista, e si trattà certamente di ben più dura occupazione. Il 15 agosto 1944 gli Alleati sbarcarono in Provenza per risalire abbastanza rapidamente le valli del Rodano e della Durance ed occupare Gap e Grenoble e giungere alle soglie di Briançon. Eccoci dunque a quel 23 agosto di cinquant' anni fa, con i germanici sulla difensiva in Alta Provenza e Delfinato, ma all'attacco in tutte le valli del versante opposto, nel tentativo di liquidare le formazioni partigiane per assicurarsi il controllo dei valichi ed il consolidamento della linea difensiva. Questa fu la ragione per cui -due ore appena di preavviso- obbligarono la popolazione di Montgenèvre al secondo esodo. Ma lasciamo la parola all'allora primo cittadino della piccola comunità:

 

Témoignage de Monsieur Paulin Balcet   

 ( Leggere la traduzione)

"Le vingt-quatre août dix-neuf cent quarante quatre, je suis convoquè à la Kommandantur qui se trouvait au Grand Hôtel. Un officier, sur une moto, m'attendait, le revolver au poing:
"Monsieur le Maire, m 'ordonna-t-il, vous devez évacuer toute la population, direction l'Italie ".
"Non, répondis-je, nous partons, mais direction la France ".
L'officier descend aussitôt de sa moto, vient vers moi et met son revolver sur ma poitrine, il est midi, je préviens alors toute la population afin que chacun soit prêt à quatorze heures. C'est ainsi que, sous une pluie battante, avec femmes et enfants et des malades couchés sur des charrettes, nous quittons Montgenèvre en direction de la vallée italienne. Arrivé à Cesana, je demande au maire s'il peut héberger les soixante et onze personnes qui composent notre groupe; celui-ci manifeste hautement son regret, évidemment l'Italie est l'ennemi de la France. Alors, nous nous remettons en marche en direction de Bousson. A tout hasard, j'ai pris un vélo avec moi, et c'est à vélo que je prends les devants pour essayer de trouver une solution. Arrivé à Bousson, j'entre directement dans le seul hôtel du village, en disant impérativement à la patronne:
"J'occupe votre hôtel, ordre de la Kommandantur".
Aussitôt, j'organise l'arrivée du convoi et je répartis les familles dans les chambres en inscrivant leurs noms sur les portes. Il est tard, il pleut toujours, les enfants et les femmes seront au moins à l'abri pour cette nuit là. Le lendemain, je me rends à la Kommandantur qui me signifie qu'il faut nous débrouiller, sinon elle nous exilera plus loin encore. On nous fait la vague promesse d'avoir de la nourriture et je demande aux familles de rechercher un logis dans le villlage même de Bousson. Nous ne sommes pas trop inquiets car nous pensons que c'est l'affaire de deux ou trois jours. Les Américains sont arrivés à Briançon et la libération nous semble proche. Mais les jours passent... Ainsi, petit à petit, nous sommes acceptés par la population de Bousson qui compatit à notre détresse et les familles italiennes nous offrent plus facilement leur hospitalité. Les jours passent dans l'attente. Mais l'argent commence à manquer, le billet de cent francs est changé trente huit lires, le kilo de pain vaut vingt quatre lires. Très vite, les économies fondent et il faut trouver une solution pour faire manger tout le monde. C'est alors qu'avec mon ami Raymond Bès des Alberts,nous allons acheter du grain, le faire moudre dans un vieux moulin et ensuite le boulanger de Cesana, monsieur Blanchet, un homme d'une grande bonté, nous cuit ce pain que nous partageons avec les soixante et onze personnes de Montgenèvre, mais aussi quinze hommes de la Grave et du Frenay d'Oisans pris dans une rafle avec leurs chevaux.
L 'hiver arrive, froid et rigoureux. Les économies ont fondu, il faut trouver une solution. C'est alors qu'une heureuse relation me permet d'entrer en contact avec le consulat suisse de Turin et la Croix Rouge pour obtenir une petite allocation. Les trajets pour rejoindre la vilIe de Turin sont très souvent émaillés de mille péripéties: bombardements, risques d'arrestation, tantôt à pied dans la pluie, la neige, tantôt sur des trains de marchandises brinquebalants... avec mes amis, Aimé Moullet surtout, nous faisons le chemin tous les quinze jours pour récupérer cette allocation afin de permettre à la communauté exilée de survivre.
Puis vient le printemps, les bombardements alliés s'amplifient, ils visent les casernes, les batteries allemandes, mais aussi certains obus se trompent de cible et tombent sur les villages habités. Le premier avril mil neuf cent quarante cinq, c'est le jour de Pâques; il fait un bel après-midi de printemps, c'est le drame: alors que les enfants jouent sur une petite terrasse devant leurs mamans, un obus explose tuant cinq personnes: la femme de Gabriel Balcet, ses trois enfants et la fille de René Balcet, faisant cinq blessés dont mon épouse très grièvement à la jambe. Les blessés sont soignés sur place par le médecin militaire allemand, les autres sont envoyés dans des conditions de transport terribles à l'hôpital de Susa.
La libération intervient peu après. "



Respinti (o non accolti) dal sindaco di Cesana, dove giunsero dopo una lunga sosta a Claviere ed una drammatica marcia sotto la pioggia battente, i profughi vennero in qualche modo avviati verso Bousson dove trovarono un primo avventurosoriparo all' Albergo Grande Roche.
Successivamente ospitati in numerose abitazioni dei paese, vi rimasero quasi otto mesi fino a quando un altro avventuroso e ben più lungo viaggio di ritorno non Ii riportà infine a casa. Dopo un probabile primo momento di sconcerto Bousson accolse bene i profughi, al pari dei vicini villaggi in cui gli esuli, rimasti privi di ogni mezzo, trovarono in qualche modo di che sfamarsi, di che sopravvivere. Anche la popolazione di Claviere, profuga a sua volta e già ospitata nelle case di alcuni villaggi più a valle, contribui a soccorrere i monginevrini.
La vicenda, ricordata in ognuna delle testimonianze con trasparente riconoscenza verso la gente di Bousson e dei paesi limitrofi, cosi pronta a soccorrere una comunità tanto vicina geograficamente, per cultura e per usanze, scorre quasi sempre in modo anonimo, collettivo. Tre sole le già citate eccezioni: il panettiere di Cesana, signor Blanchet ("... un homme d'une grande bonté... "), ilCol.Eydalin di Bousson ("...un colonel... de l'armée italienne... ") nella cui casa vennero ospitate numerose famiglie di profughi e infine una donna di Bousson (".. .une certaine Léonie... qui chaque fois que j'avais besoin... nous donnait volontier ce lait") prodiga nel fornire ai piccoli di Mongenèvre il latte tanto necessario.

Proprio nella grande casa Eydalin una nuova tragedia s'abbattè sulla piccola comunità di esuli: dotata di terrazzo e giardino, era diventata il naturale punto di ritrovo dei monginevrini. Colà riuniti in gran numero anche il giorno di Pasqua, 1 aprile '45, un obice francese evidentemente indirizzato ai tedeschi cadde sulla terrazza facendo strage. Persero la vita una mamma con tre dei quattro figlioletti; mori dilaniata un' altra bimbetta e numerosi furono i feriti. Cio precedette di poco il lungo e difficile ritorno.

Un' ultima annotazione, infine, prima di trascrivere i frammenti più significativi di alcune altre testimonianze: durante il rigidissimo inverno 1944-45 molti monginevrini si ritrovarono privi di indumenti adatti ai rigori dei clima e cio' fu causa di non poche preoccupazioni. La grave carenza venne superata, stando a un paio di testimonianze (cui s'affianca la preziosa documentazione fotografica d'epoca), con il concorso delle famiglie di Bousson, addirittura attraverso il prestito dei preziosi "costumi tradizionali" che in quegli anni solo pochissime persone indossavano ancora quotidianamente.



g.g.

 

SOUVENIRS D'ÉMILIENNE CAUNOIS

(Leggere la traduzione)

 ... Ce jour là, à midi, les autorités Allemandes donnèrent deux heures à la population pour quitter les lieux... La plupart, désorientés, n'ont presque rien emporté. Ils partirent à pied. Deux Charrettes: celle de Paulin Balcet et une autre où se trouvait un malade, M. Vachet...
...En arrivant à l'obélisque, ils ont pensé au toupeau et sont allés le chercher au bois de sestrières, pour l'emmener avec eux, ainsi que le berger. Les Allemands le leur ont confisqué à Bousson...
.. .Accueil formidable dans toutes les vallées italiennes.
Souvent, les habitants "outre-monts" se sont montrés extrêmement serviables envers eux. Emilienne se demande si on aurait fait autant du côté Français...


... Le 1 Avril 1945 à 3 heures de l'après-midi  un obus est tombé sur le village. C'était le jour de Pâques et les Montgenèvrois étaient réunis dans la rue...
..II a tué net 2 enfants Balcet. La mère a été amputée d'une jambe sur place puis descendue avec son troisième enfant à Suze. On l'a amputée de la deuxième jambe; elle est morte. Son troisième enfant aussi (4 morts chez la famille Balcet). Une autre petite fille, jouant dans le parc a été tuée...
... Le retour, commencé le 12 Avril 1945, a duré 11 jours. Il s'est fait en train et en camion, par Turin, Milan et la Suisse...
...Retour le 23 Avril au soir. Village complètement dévasté.
 


SOUVENIRS DE MADAME LUCE GIBELLO

(Leggere la traduzione)

 Le 24 août 1944, les Allemands (après le débarquement des alliés dans le midi) nous donnèrent très peu de temps pour quitter Montgenèvre, à pied en direction de l'Italie.
...Pensant revenir très rapidement nous sommes partis avec peu de choses. .. .Arrivés à Bousson on nous a logés ma famille et moi (oncle, tante et cousine) dans une des premières maisons du village... On nous précise que la veille, dans cette maison, 3 résistants italiens ont été pendus...
...Nous avons peu d'argent et pas grand chose à manger... Marie Balcet et moi-même... partons du village "mendier" un peu de nourriture. Nous marchons beaucoup, allons dans les petits pays au-delà de Cesana (Mollières Rollières il me semble). Nous tombons souvent sur des gens de Clavière réfugiés là et nous ne revenons jamais les mains vides: riz, pomme de terre, polente.
...Avec les premiers froids, dans ce pays très peu ensoleillé, les choses deviennent plus difficiles. Nous n'avons que des vêtements légers...
...L 'hiver se passe tant bien que mal. Les Italiennes nous prêtent des vieux costumes et, la jeunesse prenant le dessus, nous nous déguisons...
...le jour de Pâques 1945 (1 A vnl, je crois}... le village a subi un bombardement sévère depuis Gap... La petite fille de René Balcet avait été tuée. Marie Balcet grièvemen t blessée...
...Malheureusement, Marie et 3 de ses enfants sur 4 sont morts. Noély Balcet est grièvement blessée, Eva Jauffret aussi mais moins sérieusement. C'est l'horreur absolue...



TÉMOIGNAGE DE MADAME JEANNE PAVESI

(Leggere la traduzione)

Lorsqu'en moins de deux heures il a fallu rassembler quelques affaires et partir... j'ai été saisie d'angoisse...
Dans cette épreuve il y avait quelques consolations:
toute la famille était réunie autour de mon mari,  le village de Montgenèvre dans l'épreuve était très solidaire, la terre italienne que nous allions rejoindre n'était pas vraiment étrangère....
... Nous étions... sans bagage, deux ou trois charrettes... un peu de bétail qu'on nous a confisqué très vite. Nous nous sommes retrouvés à Bousson...Petit à petit les habitants de Bousson devinrent trés gentils avec nous. Le gros problème était la nourriture et le lait pour les enfants. J'ai le souvenir que chaque fois que j'avais besoin, une certaine Léonie, proche de notre maison, nous donnait volontiers ce lait. Avec Yvonne Balcet, avec laquelle j'étais très amie, comme mon mari l'était avec René  Balcet (dit le Bouc) nous allions mendier de la nourriture dans les villages voisins, surtout au-dessus de Bousson (Champlas du Col, Champlas Séguin). Nous étions toujours bien reçues et obtenions du pain, du maïs, des légumes...
...Le séjour à Bousson fut 7 mois d'angoisse car nous n'avions aucune nouvelle de ceux que nous avions laissés; ma mère entre autre, un oncle arrêté par la Gestapo... Nous étions très pauvres, très démunis, très abattus mais nous étions amis, cela reste aussi dans le coeur.
...Mon mari d'origine italienne, n'a pas obtenu l'autorisation de suivre le convoi qui devait nous ramener à Briançon via Milan / Lac de Come / la Suisse. Ce fut l'heureuse surprise en arrivant à Briançon, le bonheur, la joie: Nino, mon cher mari nous attendait sur le quai de la gare avec René Balcet, ils avaient réussi à quitter l'Italie par la montagne et venir nous rejoindre...
 

 


Traduzione

Testimonianza di Camille Remy

“... Una sera, era il 10 giugno, sull'imbrunire, un rumore confuso saliva dalla valle della Clarée. Col binocolo si scorgevano greggi seguiti da un gran numerdi persone e di carri muniti di luci che si dirigevano verso Briançon. Eravamo incuriositi da questo trambusto e non capivamo. Pochi istanti dopo, la spiegazione ci fu data dall'arrivo di una staffetta che veniva ad avvertire che a mezza notte la guerra diventava effettiva tra Italia e Francia. Le consegne di guerra dovevano essere applicate. Capimmo allora che quel rumore confuso e queste luci provenivano dall'esodo delle popolazioni di Névache e Plampinet che partivano per andare a raggiungere assieme a tutti gli altri abitanti di Monginevro et dell'Alta Valle i luoghi di rifugio che gli erano stati assegnati nell'Ardèche.

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Testimonianza del Signor Paulin Balcet

“Il 24 agosto 1944, vengo convocato alla Kommandantur che si trovava al Grand Hotel. Un ufficiale, su una moto, mi aspettava rivoltella in pugno:

“Signor Sindaco, mi intimo' deve evacuare tutta la popolazione, direzione l'Italia”

“No risposi, partiamo ma direzione la Francia.

L'ufficiale scende dalla moto si dirige verso di me e mi appoggia la rivoltella sul petto, è mezzogiorno, avverto dunque tutta la popolazione di modo che ciascuno sia pronto per le due. E cosi' che, sotto una pioggia battente, con donne, bambini ed alcuni ammalati coricati su dei carri, lasciamo Monginevro in direzione della valle italiana. Arrivati a Cesana chiedo al sindaco se puo' ospitare le settantuno persone che costituiscono il nostro gruppo; egli manifesta con forza il suo rammarico, ovviamente l'Italia è nemica della Francia. Ci rimettiamo in moto in direzione di Bousson. Per ogni evenienza, mi sono portato una bicicletta ed è in bicicletta che mi porto avanti per cercare una soluzione. Arrivato a Bousson, entro direttamente nell'unico albergo del paese dichiarando con tono perentorio alla padrona:
“Occupo l'albergo, ordine della Kommandantur”.

Immediatamente organizzo l'arrivo del convoglio ed assegno le camere alle famiglie segnando i nomi sulle porte. E tardi, continua a piovere, i bambini e le donne saranno al meno al riparo per quella notte. L'indomani mi reco alla Kommandantur che mi significa che ci dobbiamo aggiustare oppure verremo esiliati ancora più lontano. Ci viene vagamente promesso del cibo e chiedo alle famiglie di cercarsi un alloggio nel paese stesso di Bousson. Non siamo tanto preoccupati in quanto pensiamo che tutto si risolva in due o tre giorni. Gli Americani sono arrivati a Briançon e la liberazione ci pare prossima. . Ma i giorni passano...In tanto a mano veniamo accettati poco a poco dalla popolazione di Bousson che condivide il nostro sconforto , le famiglie italiane ci offrono più facilmente l'ospitalità. I giorni passano nell'attesa. Ma i soldi cominciano a mancare, il biglietto da cento franchi viene cambiato trentotto lire, il chilo di pane vale ventiquattro lire. Presto i risparmi diminuiscono e bisogna trovare una soluzione per dare da mangiare a tutti. E a questo punto che assieme al mio amico Raymond Bès di Les Alberts, andiamo a comprare del grano, lo portiamo a macinare in un vecchio mulino e quindi, il panettiere di Cesana, il Signor Blanchet, un uomo di una grande bontà, ci cuoce questo pane che condividiamo con le settantun persone di Monginevro ma pure con quindici uomini della Grave e del Frenay d'Oisans presi in una retata assieme ai loro cavalli.

Arriva l'inverno, freddo e rigoroso. I risparmi son finiti, bisogna trovare una soluzione.Ed ecco che un felice incontro mi permette di entrare in contatto col consolato svizzero di Torino e la Croce e Rossa per ottener un piccolo sussidio. I tragitti per raggiungere  Torino danno spesso luogo a mille peripezie : bombardamenti, rischi di venire arrestati, a volte a piedi sotto la pioggia nella neve, oppure a bordo di treni merce sgangherati...

assieme ai miei amici, soprattuto Aimé Moullet facciamo la strada ogni quindici giorni per ricuperare questo sussidio a fin di permettere alla comunità esiliata di sopravvivere. Arriva poi la primavera, i bombardamenti alleati si intensificano, mirano le caserme, le batterie tedesche, purtroppo alcuni obici sbagliano pure mira e cadono sui paesi abitati. Il 1 aprile 1945, è il giorno di Pasqua ; è un bel pomeriggio di primavera, accade il dramma: mentre i bambini giocano su un piccolo terrazzo sotto lo sguardo delle mamme, esplode un obice che ammazza cinque persone: la moglie di Gabriel Balcet, i suoi tre figli e la figlia di René Balcet e ne ferisce cinque tra cui mia moglie gravemente ferita alla gamba. I feriti sono medicati sul posto dal medico militare tedesco gli altri vengono mandati con condizioni di trasporto terribili all'ospedale di Susa.

La liberazione interviene poco dopo.”

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Ricordi di Emilienne Caunois
 

…Quel giorno, a mezzo giorno, le autorità tedesche diedero due ore alla popolazione per sfollare. La maggior parte, disorientata, non ha portato via quasi niente. Partirono a piedi. Due carri: quello di Paulin Balcet ed un'altro su cui c'era un malato, M Vachet.

...Arrivando all'obelisco, hanno pensato al gregge e sono andati a prenderlo al Bois de Sestrieres, per portarlo via con loro assieme al pastore. I Tedeschi glielo hanno confiscato a Bousson...

... Accoglienza formidabile in tutte le valli italiane.

Spesso, gli abitanti di “oltremonti” si sono dimostrati estremamente servizievoli nei loro confronti. Emilienne si chiede se avremo fatto altrettanto sul lato francese ...

... Il 1 aprile 1945 alle 3 del pomeriggio, un obice è caduto sul paese. Era il giorno di Pasqua ed i Monginevrini erano riuniti nella strada...

...Ha ammazzato due bambini Balcet. Alla madre è stata amputata una gamba in loco poi l'hanno portata assieme al suo terzo figlio a Susa. Le hanno amputato l'altra gamba; è morta. Il su terzo figlio pure ( 4 morti dai Balcet). Un'altra bambina che giocava nel parco è stata ammazzata.

...Il ritorno è cominciato il 12 aprile 1945, è durato 11 giorni. Si è svolto in treno ed in camion via Torino, Milano e la Svizzera...

...Ritorno il 23 aprile sera, paese completamente devastato.

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Ricordi della Signora Luce Gibello


 

Il 24 agosto 1944, i Tedeschi (dopo lo sbarco degli alleati nel sud della Francia) ci diedero pochissimo tempo per lasciare Monginevro, a piedi in direzione dell'Italia.

...Pensando di ritornare presto siamo partiti con poca roba... Arrivati a Bousson siamo stati alloggiati la mia famiglia ed io ( zio, zia e cugina) in una delle prime case del paese. Ci viene precisato che il giorno precedente in questa casa , 3 resistenti italiani sono stati impiccati...

...Abbiamo pochi soldi e poca roba da mangiare. Marie Balcet ed io...partiamo dal paese per “mendicare” un po di cibo. Camminiamo tanto, andiamo nei paesini oltre Cesana, Mollieres, Rollieres, mi pare). Incontriamo spesso gente di Claviere sfollata là e non torniamo mai a mani vuote: riso, patate, polenta...

...Coi primi freddi, in questo paese molto poco soleggiato, le cose diventano più difficili. Abbiamo solo vestiti leggeri...

... si trascorre l'inverno alla meno peggio. Le italiane c'imprestano vecchi costumi e, la giovinezza prendendo il sopravvento, ci mascheriamo...

... Il giorno di Pasqua 1945 ( 1 aprile mi pare) ..il paese ha subito un bombardamento pesante da Gap.. La bambinetta di René Balcet era stata uccisa . Marie Balcet gravemente ferita....

... Purtroppo, Marie e tre figli su 4 sono morti. Noely Balcet gravemente ferita, Eva Jauffret pure ma meno seriamente. E l'orrore assoluto...

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Testimonianza della Signora Jeanne Pavesi


 

Quando in meno di due ore si è trattato di racimolare un po di roba ed andarsene via...sono stata colta da angoscia...

In questa prova c'era qualche consolazione: tutta la famiglia era riunita intorno a mio marito , il paese di Monginevro messo alla prova era molto solidale, la terra italiana che ci apprestavamo a raggiungere non ci era del tutto sconosciuta.

...Eravamo...senza bagaglio, due o tre carri.. un po di bestiame presto confiscato Ci siamo ritrovati a Bousson .. A mano a mano gli abitanti di Bousson divennero molto gentili con noi. La difficoltà maggiore era il cibo ed il latte per i bambini. Ricordo che tutte le volte che avevo bisogno, una certa Leonie che stava vicino a casa nostra, ci dava volentieri questo latte. Assieme ad Yvonne Balcet con cui ero molto amica, come lo era mio marito con René Balcet (detto il caprone), andavamo a mendicare cibo nei paesi vicini, soprattuto sopra Bousson (Champlas du Col, Champlas Seguin). Eravamo sempre ben accolti, si riusciva ad avere pane, grano turco, verdure...

...Il soggiorno a Bousson duro' sette mesi di angoscia in quanto non si aveva nessuna notizia di coloro che avevamo lasciato.; tra gli altri mia madre; uno zio arrestato dalla Gestapo .. Eravamo molto poveri, sprovvisti di tutto , tanto scoraggiati, ma eravamo tutti amici e questo rimane in fondo al cuore.

... Mio marito, d'origine italiana, non ha ottenuto l'autorizzazione di seguire il convoglio che doveva riportarci a Briançon via Milano/ lago di Como/ Svizzera. Fu la piacevole sorpresa dell'arrivo a Briançon, la felicità, la gioia: Nino, il mio caro marito ci aspettava sulla banchina della stazione assieme a René Balcet, erano riusciti a lasciare l'Italia passando dalla montagna ed a raggiungerci....

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