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ll presente articolo è stato
pubblicato nella rivista:
Valados Usitanos, n° 50, gennaio -
aprile 1995, p.33-41
La riproduzione è autorizzata dall'
autore, Gianpaolo Giordana, direttore della rivista. La traduzione delle
testimonianze di Emilienne Caunois, Luce Gibello e Jeanne Pavesi è a cura
degli autori del sito.

DA MONTGENEVRE A
BOUSSON
(agosto 1944 - aprile 1945)
PREMESSA
l grandi eventi bellici di questo secolo hanno coinvolto
globahnente centinaia di milioni di persone; hanno messo in campo enormi
eserciti che si sono affrontati in battaglia con strumenti di morte
sempre pù sofisticati e micidiali; hanno seminato morti e distruzioni in
proporzioni tali da dover ricorrere ai grandi numeri, quelli con tanti
zeri, per ricordare e quantificare. l "grandi eventi", tuttavia, sono
intessuti di miriadi di eventi minori, di piccole storie, di frammenti
di guerra, di vita e di dolore che per lo più non approdano alla
"storia" e alla "memoria collettiva" in senso lato. Perché cio' succeda,
il piccolo evento deve tragicamente assurgere a esempio, a vicenda
emblematica della brutalità, tragicità, stupidità d'ogni guerra di
conquista.
E non sempre basta.
Se alcuni casi, Boves, Oradour-sur-Glane, Lidice (micro episodi del più
recente conflitto mondiale), le tante My Lay della guerra dei Viet Nam
ecc., sono oggi noti grazie (si fa per dire) alloro carattere esemplare,
migliaia, centinaia di migliaia di analoghi episodi scompaiono nelle
pieghe profonde e complicate della Storia. Cosi sarebbe successo a
questa "storia minima" se cinquant'anni dopo i superstiti non l'avessero
ricordata compiendo un viaggio a ritroso e pubblicando un opuscolo
commemorativo.
Protagoniste sono due piccole comunità occitane di confine ("francese"
una, "italiana" l'aItra) nelle vesti rispettivamente di vittima e di
"buon samaritano":
Montgenèvre e Bousson, tra l'agosto 1944 e l'aprile del 1945. Dei
"montgenévrois" conosciamo i nomi di quasi tutti i protagonisti; degli
abitanti di Bousson (e dintorni) due soli nomi di famiglia (Eydalin di
Bousson e Blanchet di Cesana), un solo nome proprio (Léonie) ma
soprattutto la misura d'una generosa ospitalità, tante più rara in tempi
in cui l'egoismo pare non conoscere confini.
L'ESILIO DEI MONGINEVRINI
Più correttamente occorrerebbe parlare di seconda esilio:
come in tutti i villaggi di confine sugli opposti versanti delle nostre
Alpi, il giugno 1940 aveva già regalato un'esperienza analoga. Per
quanto se ne sa quasi tutti i comuni di confine del versante italiano
vennero evacuati con scarso preavviso: le popolazioni poterono a
malapena dotarsi dell'indispensabile, dovettero quasi ovunque svendere
il bestiame e partire lasciando le messi non ancora mature. Altrettanto
avvenne sull'opposto versante: da Névache, Val des Prés, Cervières,
Ristolas, Saint Véran e da Montgenèvre (unico abitato con Claviere ad
essere ubicato praticamente sul confine) lunghe file di civili
sgomberarono ancor più in fretta le loro case per raggiungere l'Ardèche.
Anche per loro abitazioni, coltivi e bestiame abbandonati. Molte persone
-grazie allo strano andamento di quei primi giorni di guerra- finirono
per arrestarsi ai piedi dei Monginevro, nei villaggi di Les Alberts e La
Vachette:
Testimonianza di Camille
Remy, all'epoca militare a Montgenèvre
(Leggere la traduzione)
"... Un soir, c'était le 10 juin, à
la nuit tombante, un bruit confus montait de la Vallée de la C/arée.
Nous distinguions à la jumelle des troupeaux suivis d'une grande
quantité de gens et de charrettes munis de lumières qui se
dirigeaient sur Briançon. Nous étions intrigués par ce remue-ménage
et nous ne comprenions pas. Quelques instants plus tard,
l'explication nous en fut donnée par l'arrivée d'une estafette qui
venait nous prévenir qu'à minuit la guerre devenait effective entre
l'Italie et la France. Les consignes de guerre devaient donc être
appliquées.
Nous comprÎmes alors que ce bruit confus et ces lumières provenaient
de l'exode des populations de Névache et de Plampinet qui partaient
rejoindre avec tous les autres habitants de Montgenèvre et de la
Haute Vallée, les lieux de refuge qui leur avaient été attnbués en
Ardèche... "
Al loro ritorno, la desolazione delle abitazioni
saccheggiate dalle truppe d'occupazione e dai "soliti ignoti"; cio'
successe, d'altronde, anche sul nostro versante dove, malgrado non si
trattasse di occupazione ma solo di evacuazione cautelativa, le case che
dovevano essere piantonate da militari del Regio Esercito si offrirono
agli occhi dei proprietari di ritorno in condizioni di analoga
desolazione.
Ma veniamo decisamente alla vicenda dei "montgenévrois":
l' occupazione italiana, che a detta dei testimoni non fu neppur troppo
pesante, durà fino ail' 8 settembre dei '43. Da quella "radiosa
giornata", autentica e duratura vergogna per il regime monarco-fascista
e per i vertici delle regie forze armate, subentrà l'occupante nazista,
e si trattà certamente di ben più dura occupazione. Il 15 agosto 1944
gli Alleati sbarcarono in Provenza per risalire abbastanza rapidamente
le valli del Rodano e della Durance ed occupare Gap e Grenoble e
giungere alle soglie di Briançon. Eccoci dunque a quel 23 agosto di
cinquant' anni fa, con i germanici sulla difensiva in Alta Provenza e
Delfinato, ma all'attacco in tutte le valli del versante opposto, nel
tentativo di liquidare le formazioni partigiane per assicurarsi il
controllo dei valichi ed il consolidamento della linea difensiva. Questa
fu la ragione per cui -due ore appena di preavviso- obbligarono la
popolazione di Montgenèvre al secondo esodo. Ma lasciamo la parola
all'allora primo cittadino della piccola comunità:
Témoignage
de Monsieur Paulin Balcet
(
Leggere la traduzione)
"Le vingt-quatre août dix-neuf cent quarante quatre,
je suis convoquè à la Kommandantur qui se trouvait au Grand Hôtel.
Un officier, sur une moto, m'attendait, le revolver au poing:
"Monsieur le Maire, m 'ordonna-t-il, vous devez évacuer toute la
population, direction l'Italie ".
"Non, répondis-je, nous partons, mais direction la France ".
L'officier descend aussitôt de sa moto, vient vers moi et met son
revolver sur ma poitrine, il est midi, je préviens alors toute la
population afin que chacun soit prêt à quatorze heures. C'est ainsi
que, sous une pluie battante, avec femmes et enfants et des malades
couchés sur des charrettes, nous quittons Montgenèvre en direction
de la vallée italienne. Arrivé à Cesana, je demande au maire s'il
peut héberger les soixante et onze personnes qui composent notre
groupe; celui-ci manifeste hautement son regret, évidemment l'Italie
est l'ennemi de la France. Alors, nous nous remettons en marche en
direction de Bousson. A tout hasard, j'ai pris un vélo avec moi, et
c'est à vélo que je prends les devants pour essayer de trouver une
solution. Arrivé à Bousson, j'entre directement dans le seul hôtel
du village, en disant impérativement à la patronne:
"J'occupe votre hôtel, ordre de la Kommandantur".
Aussitôt, j'organise l'arrivée du convoi et je répartis les familles
dans les chambres en inscrivant leurs noms sur les portes. Il est
tard, il pleut toujours, les enfants et les femmes seront au moins à
l'abri pour cette nuit là. Le lendemain, je me rends à la
Kommandantur qui me signifie qu'il faut nous débrouiller, sinon elle
nous exilera plus loin encore. On nous fait la vague promesse
d'avoir de la nourriture et je demande aux familles de rechercher un
logis dans le villlage même de Bousson. Nous ne sommes pas trop
inquiets car nous pensons que c'est l'affaire de deux ou trois
jours. Les Américains sont arrivés à Briançon et la libération nous
semble proche. Mais les jours passent... Ainsi, petit à petit, nous
sommes acceptés par la population de Bousson qui compatit à notre
détresse et les familles italiennes nous offrent plus facilement
leur hospitalité. Les jours passent dans l'attente. Mais l'argent
commence à manquer, le billet de cent francs est changé trente huit
lires, le kilo de pain vaut vingt quatre lires. Très vite, les
économies fondent et il faut trouver une solution pour faire manger
tout le monde. C'est alors qu'avec mon ami Raymond Bès des
Alberts,nous allons acheter du grain, le faire moudre dans un vieux
moulin et ensuite le boulanger de Cesana, monsieur Blanchet, un
homme d'une grande bonté, nous cuit ce pain que nous partageons avec
les soixante et onze personnes de Montgenèvre, mais aussi quinze
hommes de la Grave et du Frenay d'Oisans pris dans une rafle avec
leurs chevaux.
L 'hiver arrive, froid et rigoureux. Les économies ont fondu, il
faut trouver une solution. C'est alors qu'une heureuse relation me
permet d'entrer en contact avec le consulat suisse de Turin et la
Croix Rouge pour obtenir une petite allocation. Les trajets pour
rejoindre la vilIe de Turin sont très souvent émaillés de mille
péripéties: bombardements, risques d'arrestation, tantôt à pied dans
la pluie, la neige, tantôt sur des trains de marchandises
brinquebalants... avec mes amis, Aimé Moullet surtout, nous faisons
le chemin tous les quinze jours pour récupérer cette allocation afin
de permettre à la communauté exilée de survivre.
Puis vient le printemps, les bombardements alliés s'amplifient, ils
visent les casernes, les batter ies
allemandes, mais aussi certains obus se trompent de cible et tombent
sur les villages habités. Le premier avril mil neuf cent quarante
cinq, c'est le jour de Pâques; il fait un bel après-midi de
printemps, c'est le drame: alors que les enfants jouent sur une
petite terrasse devant leurs mamans, un obus explose tuant cinq
personnes: la femme de Gabriel Balcet, ses trois enfants et la fille
de René Balcet, faisant cinq blessés dont mon épouse très grièvement
à la jambe. Les blessés sont soignés sur place par le médecin
militaire allemand, les autres sont envoyés dans des conditions de
transport terribles à l'hôpital de Susa.
La libération intervient peu après. "
Respinti (o non accolti) dal sindaco di Cesana, dove
giunsero dopo una lunga sosta a Claviere ed una drammatica marcia
sotto la pioggia battente, i profughi vennero in qualche modo avviati
verso Bousson dove trovarono un primo avventurosoriparo all' Albergo
Grande Roche.
Successivamente ospitati in numerose abitazioni dei paese, vi rimasero
quasi otto mesi fino a quando un altro avventuroso e ben più lungo
viaggio di ritorno non Ii riportà infine a casa. Dopo un probabile
primo momento di sconcerto Bousson accolse bene i profughi, al pari
dei vicini villaggi in cui gli esuli, rimasti privi di ogni mezzo,
trovarono in qualche modo di che sfamarsi, di che sopravvivere. Anche
la popolazione di Claviere, profuga a sua volta e già ospitata nelle
case di alcuni villaggi più a valle, contribui a soccorrere i
monginevrini.
La vicenda, ricordata in ognuna delle testimonianze con trasparente
riconoscenza verso la gente di Bousson e dei paesi limitrofi, cosi
pronta a soccorrere una comunità tanto vicina geograficamente, per
cultura e per usanze, scorre quasi sempre in modo anonimo, collettivo.
Tre sole le già citate eccezioni: il panettiere di Cesana, signor
Blanchet ("... un homme d'une grande bonté... "), ilCol.Eydalin di
Bousson ("...un colonel... de l'armée italienne... ") nella cui casa
vennero ospitate numerose famiglie di profughi e infine una donna di
Bousson (".. .une certaine Léonie... qui chaque fois que j'avais
besoin... nous donnait volontier ce lait") prodiga nel fornire ai
piccoli di Mongenèvre il latte tanto necessario.
Proprio nella grande casa Eydalin una nuova tragedia s'abbattè sulla
piccola comunità di esuli: dotata di terrazzo e giardino, era
diventata il naturale punto di ritrovo dei monginevrini. Colà riuniti
in gran numero anche il giorno di Pasqua, 1 aprile '45, un obice
francese evidentemente indirizzato ai tedeschi cadde sulla terrazza
facendo strage. Persero la vita una mamma con tre dei quattro
figlioletti; mori dilaniata un' altra bimbetta e numerosi furono i
feriti. Cio precedette di poco il lungo e difficile ritorno.
Un' ultima annotazione, infine, prima di trascrivere i frammenti più
significativi di alcune altre testimonianze: durante il rigidissimo
inverno 1944-45 molti monginevrini si ritrovarono privi di indumenti
adatti ai rigori dei clima e cio' fu causa di non poche
preoccupazioni. La grave carenza venne superata, stando a un paio di
testimonianze (cui s'affianca la preziosa documentazione fotografica
d'epoca), con il concorso delle famiglie di Bousson, addirittura
attraverso il prestito dei preziosi "costumi tradizionali" che in
quegli anni solo pochissime persone indossavano ancora
quotidianamente.
g.g.
SOUVENIRS D'ÉMILIENNE CAUNOIS
(Leggere la
traduzione)
... Ce jour là, à midi, les
autorités Allemandes donnèrent deux heures à la population pour
quitter les lieux... La plupart, désorientés, n'ont presque rien
emporté. Ils partirent à pied. Deux Charrettes: celle de Paulin
Balcet et une autre où se trouvait un malade, M. Vachet...
...En arrivant à l'obélisque, ils ont pensé au toupeau et sont
allés le chercher au bois de sestrières, pour l'emmener avec eux,
ainsi que le berger. Les Allemands le leur ont confisqué à
Bousson...
.. .Accueil formidable dans toutes les vallées italiennes.
Souvent, les habitants "outre-monts" se sont montrés extrêmement
serviables envers eux. Emilienne se demande si on aurait fait
autant du côté Français...
... Le 1 Avril 1945 à 3 heures de l'après-midi un obus est
tombé sur le village. C'était le jour de Pâques et les
Montgenèvrois étaient réunis dans la rue...
..II a tué net 2 enfants Balcet. La mère a été amputée d'une jambe
sur place puis descendue avec son troisième enfant à Suze. On l'a
amputée de la deuxième jambe; elle est morte. Son troisième enfant
aussi (4 morts chez la famille Balcet). Une autre petite fille,
jouant dans le parc a été tuée...
... Le retour, commencé le 12 Avril 1945, a duré 11 jours. Il
s'est fait en train et en camion, par Turin, Milan et la Suisse...
...Retour le 23 Avril au soir. Village complètement dévasté.
SOUVENIRS DE MADAME LUCE
GIBELLO
(Leggere la traduzione)
Le 24 août 1944, les Allemands
(après le débarquement des alliés dans le
midi) nous donnèrent très peu de temps pour quitter Montgenèvre, à
pied en direction de l'Italie.
...Pensant revenir très rapidement nous sommes partis avec peu de
choses. .. .Arrivés à Bousson on nous a logés ma famille et moi
(oncle, tante et cousine) dans une des premières maisons du
village... On nous précise que la veille, dans cette maison, 3
résistants italiens ont été pendus...
...Nous avons peu d'argent et pas grand chose à manger... Marie
Balcet et moi-même... partons du village "mendier" un peu de
nourriture. Nous marchons beaucoup, allons dans les petits pays
au-delà de Cesana (Mollières Rollières il me semble). Nous tombons
souvent sur des gens de Clavière réfugiés là et nous ne revenons
jamais les mains vides: riz, pomme de terre, polente.
...Avec les premiers froids, dans ce pays très peu ensoleillé, les
choses deviennent plus difficiles. Nous n'avons que des vêtements
légers...
...L 'hiver se passe tant bien que mal. Les Italiennes nous
prêtent des vieux costumes et, la jeunesse prenant le dessus, nous
nous déguisons...
...le jour de Pâques 1945 (1 A vnl, je crois}... le village a subi
un bombardement sévère depuis Gap... La petite fille de René
Balcet avait été tuée. Marie Balcet grièvemen t blessée...
...Malheureusement, Marie et 3 de ses enfants sur 4 sont morts.
Noély Balcet est grièvement blessée, Eva Jauffret aussi mais moins
sérieusement. C'est l'horreur absolue...
TÉMOIGNAGE DE MADAME JEANNE PAVESI
(Leggere la traduzione)
Lorsqu'en moins de deux heures il a
fallu rassembler quelques affaires et partir... j'ai été saisie
d'angoisse...
Dans cette épreuve il y avait quelques consolations:
toute la famille était réunie autour de mon mari, le village
de Montgenèvre dans l'épreuve était très solidaire, la terre
italienne que nous allions rejoindre n'était pas vraiment
étrangère....
... Nous étions... sans bagage, deux ou trois charrettes... un peu
de bétail qu'on nous a confisqué très vite. Nous nous sommes
retrouvés à Bousson...Petit à petit les habitants de Bousson
devinrent trés gentils avec nous. Le gros problème était la
nourriture et le lait pour les enfants. J'ai le souvenir que
chaque fois que j'avais besoin, une certaine Léonie, proche de
notre maison, nous donnait volontiers ce lait. Avec Yvonne Balcet,
avec laquelle j'étais très amie, comme mon mari l'était avec René
Balcet (dit le Bouc) nous allions mendier de la nourriture dans
les villages voisins, surtout au-dessus de Bousson (Champlas du
Col, Champlas Séguin). Nous étions toujours bien reçues et
obtenions du pain, du maïs, des légumes...
...Le séjour à Bousson fut 7 mois d'angoisse car nous n'avions
aucune nouvelle de ceux que nous avions laissés; ma mère entre
autre, un oncle arrêté par la Gestapo... Nous étions très pauvres,
très démunis, très abattus mais nous étions amis, cela reste aussi
dans le coeur.
...Mon mari d'origine italienne, n'a pas obtenu l'autorisation de
suivre le convoi qui devait nous ramener à Briançon via Milan /
Lac de Come / la Suisse. Ce fut l'heureuse surprise en arrivant à
Briançon, le bonheur, la joie: Nino, mon cher mari nous attendait
sur le quai de la gare avec René Balcet, ils avaient réussi à
quitter l'Italie par la montagne et venir nous rejoindre...
Traduzione
Testimonianza di
Camille Remy
“... Una sera, era il 10 giugno, sull'imbrunire, un
rumore confuso saliva dalla valle della Clarée. Col binocolo si
scorgevano greggi seguiti da un gran numerdi persone e di carri muniti
di luci che si dirigevano verso Briançon. Eravamo incuriositi da
questo trambusto e non capivamo. Pochi istanti dopo, la spiegazione ci
fu data dall'arrivo di una staffetta che veniva ad avvertire che a
mezza notte la guerra diventava effettiva tra Italia e Francia. Le
consegne di guerra dovevano essere applicate. Capimmo allora che quel
rumore confuso e queste luci provenivano dall'esodo delle popolazioni
di Névache e Plampinet che partivano per andare a raggiungere assieme
a tutti gli altri abitanti di Monginevro et dell'Alta Valle i luoghi
di rifugio che gli erano stati assegnati nell'Ardèche.
Tornare al testo
Testimonianza del
Signor Paulin Balcet
“Il 24 agosto 1944, vengo convocato alla
Kommandantur che si trovava al Grand Hotel. Un ufficiale, su una moto,
mi aspettava rivoltella in pugno:
“Signor Sindaco, mi intimo' deve evacuare tutta la
popolazione, direzione l'Italia”
“No risposi, partiamo ma direzione la Francia.
L'ufficiale scende dalla moto si dirige verso di me
e mi appoggia la rivoltella sul petto, è mezzogiorno, avverto dunque
tutta la popolazione di modo che ciascuno sia pronto per le due. E
cosi' che, sotto una pioggia battente, con donne, bambini ed alcuni
ammalati coricati su dei carri, lasciamo Monginevro in direzione della
valle italiana. Arrivati a Cesana chiedo al sindaco se puo' ospitare
le settantuno persone che costituiscono il nostro gruppo; egli
manifesta con forza il suo rammarico, ovviamente l'Italia è nemica
della Francia. Ci rimettiamo in moto in direzione di Bousson. Per ogni
evenienza, mi sono portato una bicicletta ed è in bicicletta che mi
porto avanti per cercare una soluzione. Arrivato a Bousson, entro
direttamente nell'unico albergo del paese dichiarando con tono
perentorio alla padrona:
“Occupo l'albergo, ordine della Kommandantur”.
Immediatamente organizzo l'arrivo del convoglio ed
assegno le camere alle famiglie segnando i nomi sulle porte. E tardi,
continua a piovere, i bambini e le donne saranno al meno al riparo per
quella notte. L'indomani mi reco alla Kommandantur che mi significa
che ci dobbiamo aggiustare oppure verremo esiliati ancora più lontano.
Ci viene vagamente promesso del cibo e chiedo alle famiglie di
cercarsi un alloggio nel paese stesso di Bousson. Non siamo tanto
preoccupati in quanto pensiamo che tutto si risolva in due o tre
giorni. Gli Americani sono arrivati a Briançon e la liberazione ci
pare prossima. . Ma i giorni passano...In tanto a mano veniamo
accettati poco a poco dalla popolazione di Bousson che condivide il
nostro sconforto , le famiglie italiane ci offrono più facilmente
l'ospitalità. I giorni passano nell'attesa. Ma i soldi cominciano a
mancare, il biglietto da cento franchi viene cambiato trentotto lire,
il chilo di pane vale ventiquattro lire. Presto i risparmi
diminuiscono e bisogna trovare una soluzione per dare da mangiare a
tutti. E a questo punto che assieme al mio amico Raymond Bès di Les
Alberts, andiamo a comprare del grano, lo portiamo a macinare in un
vecchio mulino e quindi, il panettiere di Cesana, il Signor Blanchet,
un uomo di una grande bontà, ci cuoce questo pane che condividiamo con
le settantun persone di Monginevro ma pure con quindici uomini della
Grave e del Frenay d'Oisans presi in una retata assieme ai loro
cavalli.
Arriva l'inverno, freddo e rigoroso. I risparmi son
finiti, bisogna trovare una soluzione.Ed ecco che un felice incontro
mi permette di entrare in contatto col consolato svizzero di Torino e
la Croce e Rossa per ottener un piccolo sussidio. I tragitti per
raggiungere Torino danno spesso luogo a mille peripezie
: bombardamenti, rischi di venire arrestati, a volte a piedi sotto la
pioggia nella neve, oppure a bordo di treni merce sgangherati...
assieme ai
miei amici, soprattuto Aimé Moullet facciamo la strada ogni quindici
giorni per ricuperare questo sussidio a fin di permettere alla
comunità esiliata di sopravvivere. Arriva poi la primavera, i
bombardamenti alleati si intensificano, mirano le caserme, le batterie
tedesche, purtroppo alcuni obici sbagliano pure mira e cadono sui
paesi abitati. Il 1 aprile 1945, è il giorno di Pasqua ; è un bel
pomeriggio di primavera, accade il dramma: mentre i bambini giocano su
un piccolo terrazzo sotto lo sguardo delle mamme, esplode un obice che
ammazza cinque persone: la moglie di Gabriel Balcet, i suoi tre figli
e la figlia di René Balcet e ne ferisce cinque tra cui mia moglie
gravemente ferita alla gamba. I feriti sono medicati sul posto dal
medico militare tedesco gli altri vengono mandati con condizioni di
trasporto terribili all'ospedale di Susa.
La
liberazione interviene poco dopo.”
Tornare al testo

Ricordi di
Emilienne Caunois
…Quel giorno, a mezzo giorno, le autorità tedesche
diedero due ore alla popolazione per sfollare. La maggior parte,
disorientata, non ha portato via quasi niente. Partirono a piedi. Due
carri: quello di Paulin Balcet ed un'altro su cui c'era un malato, M
Vachet.
...Arrivando all'obelisco, hanno pensato al gregge e
sono andati a prenderlo al Bois de Sestrieres, per portarlo via con
loro assieme al pastore. I Tedeschi glielo hanno confiscato a
Bousson...
... Accoglienza formidabile in tutte le valli
italiane.
Spesso, gli abitanti di “oltremonti” si sono
dimostrati estremamente servizievoli nei loro confronti. Emilienne si
chiede se avremo fatto altrettanto sul lato francese ...
... Il 1 aprile 1945 alle 3 del pomeriggio, un obice
è caduto sul paese. Era il giorno di Pasqua ed i Monginevrini erano
riuniti nella strada...
...Ha ammazzato due bambini Balcet. Alla madre è
stata amputata una gamba in loco poi l'hanno portata assieme al suo
terzo figlio a Susa. Le hanno amputato l'altra gamba; è morta. Il su
terzo figlio pure ( 4 morti dai Balcet). Un'altra bambina che giocava
nel parco è stata ammazzata.
...Il ritorno è cominciato il 12 aprile 1945, è
durato 11 giorni. Si è svolto in treno ed in camion via Torino, Milano
e la Svizzera...
...Ritorno il 23 aprile sera, paese completamente
devastato.
(Tornare al
testo)

Ricordi della
Signora Luce Gibello
Il 24 agosto 1944, i Tedeschi (dopo lo sbarco degli
alleati nel sud della Francia) ci diedero pochissimo tempo per
lasciare Monginevro, a piedi in direzione dell'Italia.
...Pensando di ritornare presto siamo partiti con
poca roba... Arrivati a Bousson siamo stati alloggiati la mia famiglia
ed io ( zio, zia e cugina) in una delle prime case del paese. Ci viene
precisato che il giorno precedente in questa casa , 3 resistenti
italiani sono stati impiccati...
...Abbiamo pochi soldi e poca roba da mangiare.
Marie Balcet ed io...partiamo dal paese per “mendicare” un po di cibo.
Camminiamo tanto, andiamo nei paesini oltre Cesana, Mollieres,
Rollieres, mi pare). Incontriamo spesso gente di Claviere sfollata là
e non torniamo mai a mani vuote: riso, patate, polenta...
...Coi primi freddi, in questo paese molto poco
soleggiato, le cose diventano più difficili. Abbiamo solo vestiti
leggeri...
... si trascorre l'inverno alla meno peggio. Le
italiane c'imprestano vecchi costumi e, la giovinezza prendendo il
sopravvento, ci mascheriamo...
... Il giorno di Pasqua 1945 ( 1 aprile mi pare)
..il paese ha subito un bombardamento pesante da Gap.. La bambinetta
di René Balcet era stata uccisa . Marie Balcet gravemente ferita....
... Purtroppo, Marie e tre figli su 4 sono morti.
Noely Balcet gravemente ferita, Eva Jauffret pure ma meno seriamente.
E l'orrore assoluto...
Tornare al testo

Testimonianza
della Signora Jeanne Pavesi
Quando in meno di due ore si è trattato di
racimolare un po di roba ed andarsene via...sono stata colta da
angoscia...
In questa prova c'era qualche consolazione: tutta la
famiglia era riunita intorno a mio marito , il paese di Monginevro
messo alla prova era molto solidale, la terra italiana che ci
apprestavamo a raggiungere non ci era del tutto sconosciuta.
...Eravamo...senza bagaglio, due o tre carri.. un po
di bestiame presto confiscato Ci siamo ritrovati a Bousson .. A mano a
mano gli abitanti di Bousson divennero molto gentili con noi. La
difficoltà maggiore era il cibo ed il latte per i bambini. Ricordo che
tutte le volte che avevo bisogno, una certa Leonie che stava vicino a
casa nostra, ci dava volentieri questo latte. Assieme ad Yvonne Balcet
con cui ero molto amica, come lo era mio marito con René Balcet (detto
il caprone), andavamo a mendicare cibo nei paesi vicini, soprattuto
sopra Bousson (Champlas du Col, Champlas Seguin). Eravamo sempre ben
accolti, si riusciva ad avere pane, grano turco, verdure...
...Il soggiorno a Bousson duro' sette mesi di
angoscia in quanto non si aveva nessuna notizia di coloro che avevamo
lasciato.; tra gli altri mia madre; uno zio arrestato dalla Gestapo ..
Eravamo molto poveri, sprovvisti di tutto , tanto scoraggiati, ma
eravamo tutti amici e questo rimane in fondo al cuore.
... Mio marito, d'origine italiana, non ha ottenuto
l'autorizzazione di seguire il convoglio che doveva riportarci a
Briançon via Milano/ lago di Como/ Svizzera. Fu la piacevole sorpresa
dell'arrivo a Briançon, la felicità, la gioia: Nino, il mio caro
marito ci aspettava sulla banchina della stazione assieme a René
Balcet, erano riusciti a lasciare l'Italia passando dalla montagna ed
a raggiungerci....

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